Qui aura la plus grosse part du gâteau de l’immuno-onco?



Ces derniers temps, la presse se fait l’écho des récents succès de l’immunothérapie. En mettant en avant ces traitements comme étant révolutionnaires, les patients deviennent curieux et se mettent à imaginer qu’ils vont pouvoir guérir. A force d’être informés comme tel, les patients n’attendent plus qu’on leur disent quel sera leur traitement et demandent désormais aux médecins s’ils peuvent bénéficier directement de l’immunothérapie. Fait encore inédit pour nos oncologues…mais pour le moment, l’immunothérapie permet à environ 20% des patients de répondre positivement au traitement. A 20% on est loin de faire la révolution !

BMS en pionnier - MSD en poursuivant

En coulisse, les laboratoires pharmaceutiques sont en ordre de bataille. Pour le moment, c’est le laboratoire BMS qui semblait en avance mais son concurrent Merck and co (MSD en France) rattrape bien son retard grâce à l’obtention par la Food and Drug Administration aux Etats-Unis de l’utilisation de son produit Keytruda® en première ligne dans le cancer bronchique à non petite cellule ! Ce qui devrait arriver très prochainement en Europe.

La guerre commerciale peut alors commencer ! Les produits lancés pour le moment sur le marché sont très similaires (en résultat et en tolérance). Lorsque l’on interroge les médecins, ils le reconnaissaient, mis à part le flacon, il n’y a très peu de différences. De fait à efficacité quasi similaire, les médecins français ne retiennent pas grand-chose du discours des labos. Heureusement pour les industriels de la santé, les traitements d’immuno-onco sont intéressants dans plusieurs indications thérapeutiques (mélanome, rein et poumon) mais d’autres sont à venir…et alors que les médecins reconnaissent leur similitude, pour certaines indications le produit de BMS présente de meilleurs résultats et inversement. Ce qui laisse à penser qu’il y a de la place pour tout le monde sur ce marché ! Pour le moment, ce qui pourrait faire la différence, c’est le prix ! A efficacité identique, les médecins regarderont certainement ce qui coûte le moins cher pour l’hôpital et la collectivité. L’un des éléments majeurs c’est les prix de ces innovations et forcément ça coûte cher entre 6000 et 7000 € le mois. Cela peut faire des factures tellement élevées que certaines cliniques privées ont dû arrêter de traiter les patients car cela devenait insoutenable pour leur trésorerie.

Casser les prix pour se faire une place sur le marché ?

La menace pour BMS et MSD ? Des concurrents voulant cassant les prix ? Pour le moment, AstraZeneca et Roche attendent au tournant et devront eux aussi proposer leur molécule qui sera très certainement quasi similaire. En tout cas, dans un marché très concurrentiel (pour le moment 2 laboratoires) les futurs entrants s’ils n’apportent pas d’amélioration sur l’identification des patients pouvant être répondeurs, devront forcément proposer quelque chose en plus. C’est là que l’idée de casser les prix pourrait être pertinente mais cela casserait les pieds aux deux premiers arrivés !

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